Le chapeau conique vietnamien, l’âme du Vietnam en Non la

chapeau conique vietnamien

Qui aime l’ao dai doit tomber amoureux de non la, le chapeau conique vietnamien, deux éléments qui se complètent élégamment pour mettre à l’honneur la beauté et le charme des Vietnamiennes.

L’image d’une femme en ao dai coiffée d’un chapeau conique à poème (non bai tho), ou d’une femme charmante qui porte une tunique de quatre pans (ao tu than) et un chapeau muni d’une jugulaire en rotin (non quai thao) est ancrée pour jamais dans la mémoire des Vietnamiens. Il s’agit, par ailleurs, des costumes reconnaissables du Vietnam dans le monde entier. Si vous avez déjà lu et aimé la lecture sur l’ao dai, tenue traditionnelle vietnamienne, cet article dédié au chapeau vietnamien emblématique doit également vous intéresser car celui-ci a son propre histoire et sa position à parte entière dans la culture et le cœur des Vietnamiens.

En effet, le chapeau conique en feuilles de palmier accompagne les Vietnamiens depuis des siècles. Sa présence est constante, des champs aux rues animées des villes, en passant par les marchés et les temples. Il n’est pas seulement un accessoire pratique pour se protéger du soleil et de la pluie, mais aussi un symbole de beauté, de féminité et de tradition, là où l’on ressent l’âme du Vietnam.

Histoire du chapeau conique vietnamien

chapeau conique vietnamien évolution

Les types de chapeaux vietnamiens d’après le livre ” Techniques du peuple annamite” d’Henri Oger
Photo : Tuoitre

Alors, de nombreuses questions se posent sur l’origine de ce chapeau simple mais sacré. Qui lui a donné naissance? Selon des documents, il est apparu au Vietnam au XIIIe siècle, sous la dynastie Trần. Mais certaines recherches menées par des scientifiques montrent que sa forme initiale a été gravée il y a environ 3.000 ans sur le tambour en bronze Ngoc Lu et la jarre Dao Thinh.

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Les types de chapeaux dans les rues de Hanoi au début du XXe siècle
Photo : FRANCE INDOCHINE

Ensuite, pourquoi a-t-on mis au monde le chapeau vietnamien traditionnel? Sachez que le Vietnam où le climat est chaud, humide et pluvieux, n’est pas très favorable aux activités en plein air. On a donc inventé le chapeau conique dans l’objectif d’éviter le soleil brûlant et les averses soudaines. Peu à peu, au fil du temps, cet objet a beaucoup évolué du point de vue de forme, de style, de matière et d’usage.

Non la, chapeau vietnamien de tout temps

À propos de son usage, nous pouvons dire qu’il est multifonctionnel. Quelle que soit la météo, on peut le porter en se promenant, en pédalant, en travaillant sur les champs… Lors d’un repos, il sert d’un “mini-rideau” pour couvrir le visage de celui qui s’endort. Quand on a soif, on lui recourt pour puiser de l’eau dans un ruisseau. Au marché, il devient un grand panier pour contenir un tas de marchandises…

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Doté de cette multifonctionnalité, le chapeau conique était sans aucun doute une coiffure inséparable des Vietnamiens. On constate que ce chapeau était omniprésent dans tous les livres et le cinéma du 20è siècle, malgré l’invasion vestimentaire des Etats-Unis, du Japon, de la Chine… On compte des centaines de villages d’artisanat qui ont été créés à travers le pays, avec des dizaines de milliers de tisserands à plein temps et saisonniers, comprenant des hommes, des femmes, des personnes âgées et des jeunes.

Aujourd’hui, dans les grandes villes, les rues deviennent de plus en plus trépidantes et bondées de véhicules. Le rustique chapeau qui accompagne le vélo classique devient suranné au temps où les moyens motorisés sont rois. Il n’empêche qu’on voit de temps en temps dans les villes comme Hanoi, Saigon, Hoi An mais aussi un peu partout, les mamies et les femmes portant le non la dans un marché local où elles négocient avec les marchandes ambulantes, celles-ci, très souvent avec leur sobre chapeau de feuilles.

Dans la campagne, le paysan vietnamien au XXIème siècle, descend toujours dans les champs en compagnie de son chapeau conique. De nombreuses femmes en possèdent même trois, un pour travailler dans les champs, un pour aller au marché et un pour les sorties.

Comme l’ao dai, le chapeau vietnamien continue d’inspirer les artistes et les poètes. Il est également mis en valeur dans des danses traditionnelles et des représentations folkloriques, ajoutant une touche de beauté et d’authenticité à ces spectacles.

En gros, partout où l’on aperçoit un nón lá, on reconnaît immédiatement l’identité vietnamienne. Cette icône nationale offre certainement un des plus beaux souvenirs à ramener du Vietnam.

Berceaux des chapeaux vietnamiens

Pour puiser les secrets de cet accessoire emblématique du Vietnam, il faut se rendre aux villages d’artisanat dans différentes régions qui poursuivent la fabrication de non la depuis des générations.

Commenҫons par la région du delta du Nord. Certainement, le village Chuông (à quelque 40 kilomètres de Hanoï) produit les chapeaux les plus renommés. Ils sont à la fois beaux, durables et toujours de bonne qualité. Même les membres de la famille royale les ont choisi autrefois pour s’embellir élégamment.

Dans les régions montagneuses du Nord, l’ethnie Tày fabrique ses propres chapeaux coniques pour la cérémonie de mariage. Les Tày croient que si l’épouse en emporte un chez le mari, elle sera pieuse, décente et sérieuse. Le chapeau conique joue alors le rôle d’un porte-bonheur.

Dans le Centre, comment parler de non la sans non bai tho, chapeau conique à poème emblématique de Hue qui charme les Vietnamiens comme les voyageurs de toute nationalité. Avec les consoeurs du village de Chuong, les chapeaux coniques de Hue sont parmi les plus nombreux à s’exporter vers différents continents.

Accompagnant la robe ao dai, l’áo bà ba ou d’autres vêtements féminins quotidiens, le nón lá, dans sa simplicité, n’en est pas moins gracieux.

Il n’est pas évident de dire que le chapeau conique est une œuvre d’art, comme on le décrit souvent. Les habitants de l’ancienne capitale impériale de Hue sont particulièrement fiers de leur chapeau conique à poème (non bai tho) qui dévoile et affirme la beauté douce et la délicatesse des femmes de Hué. Ce joyau artisanal est décoré avec des motifs romantiques comme pont Truong Tien, montagne Ngu Binh, porte du Midi (Ngo Môn), pavillon Phu Văn Lâu, pont couvert Thanh Toan…, ainsi que des lignes de poème qui touchent le cœur.

L’histoire de la légendaire coiffure vietnamienne n’est pas sans rappeler sa référence dans le code vestimentaire de la cour royale de la dynastie des Nguyen. Le chapeau conique est mis à l’honneur cette fois par les hommes du milieu royal. Ils sont les nobles ou mandarins de la dynastie des Nguyen qui ne voyagent jamais sans leur cheval. D’où son nom particulier non ngua qui s’étend de chapeau pour chevalier.

Le village de Phu Gia est connu comme le meilleur endroit où retrouver ces couvre-chefs dont les caractéristiques sont en contraste avec celles de non bai tho.

Le courage, la force et la puissance sont ce que l’on ressent en observant un chapeau conique de Phu Gia. Les animaux sacrés, les guerriers, les combattants sont les motifs principaux qui démontrent l’âme de la province martiale de Binh Dinh.

Enfin, au Sud, les chapeaux coniques originaires des villages de An Hoa, Ninh Sơn (Tay Ninh) et de Loc Giang (Long An) sont beaucoup vendus à Cholon (Saïgon) et dans d’autres provinces du delta du Mékong.

Fabrication d’un chapeau conique au Vietnam

La confection des chapeaux coniques réside en plusieurs étapes, exigeant habileté, assiduité et créativité. Ainsi, les femmes constituent la ressource humaine fondamentale de ce métier, tandis que les hommes fournissent une aide physique indispensable. Notez donc bien que chaque produit est le fruit des efforts méticuleux, des matériels diversifiés et des heures de concentration.

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En voici les matières pour fabriquer un nón lá : feuilles, fils de nylon, bambou (phyllostachys ou ibis), vernis, jugulaire… Les outils comprennent: coutelas à long manche, ciseaux, aiguille, four à charbon, barre en métal, tissu et armature en cône.

La sélection, le séchage et le lissage des feuilles doivent se réaliser soigneusement. Il faut étudier le climat et la géologie de la région. On peut se sert de feuilles de latanier, de cocotier, de palmier… mais ces feuilles doivent être jeunes et vert-blanc, dont les nervures sont vertes.

Puis, pour faire l’armature, l’artisan utilise son coutelas et coupe des tiges de bambou. Une armature se compose normalement de 16 cerceaux.

Enfin, vient l’étape de mettre les feuilles sur l’armature de faҫon adroite, avant de les coudre de sorte que le chapeau soit solide et plan. Il est aussi impossible d’oublier d’enfumer le chapeau (pour qu’il résiste aux termites et à la moisissure) et d’ajouter un ruban reliant les deux extrémités du chapeau.

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Dès qu’on aperçoit un chapeau conique, on reconnaît immédiatement le Vietnam

Hang Non, rue des chapeaux à Hanoi

Dans le vieux quartier de Hanoi, on retrouve jusqu’à nos jours la rue Hang Non, nom désignant littéralement Rue des Chapeaux à l’époque coloniale. Comme son nom l’indique, on y vient autrefois pour faire des ventes et achats de toute sorte de chapeaux dont non la, les plus populaires.

 rue chapeaux vieux quartier Hanoi

Rue Hang Non autrefois

Située dans le quartier Hang Gai, Hoan Kiem, la rue Hang Non est liée à d’autres rues commerçantes et animées, Hang Quat, Duong Thanh, Hang Dieu, Hang Manh et Hang Hom. Comme la plupart des autres rues du vieux quartier, on voit actuellement à Hang Non des petites échoppes variées dont celles proposant des armoires en aluminium et en verre sont les plus nombreuses.

Pour une meilleure compréhension sur les pratiques ancestrales de la confection des chapeaux coniques vietnamiens mais aussi d’autres produits artisanaux de notre pays, n’hésitez pas à découvrir le patrimoine de Hue en 10 villages artisanaux typiques. Vous ne regrettez sûrement pas.

Photos : internet

Bonne lecture!

Auteur

Bienvenue sur notre blog sur les voyages au Vietnam!
L’une de mes citations favorites "Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux" (Marcel Proust)
N’hésitez pas à laisser vos questions et vos avis lors de votre visite. Bonne lecture et à bientôt !
Dzung NGUYEN

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